Notre escapade nous a emmené cette année en cœur de Savoie, de Villard Léger à Chamousset, Saint Pierre d’Albigny et Montmélian. Ça a été l’occasion de découvrir un peu plus l’histoire de nos voisins savoyards, et leurs grandes familles, les Montmayeur, les Miolans, et plus récemment, le Comte Pillet Will ; et aussi l’occasion de belles découvertes, de rencontres avec des passionnés de patrimoine local et de convivialité.

Le Moulin de la Sauge à Villard Léger

À Villard Léger, nous découvrons le moulin de la Sauge. Déjà en place sur la mappe sarde de 1728, le moulin à farine de Villard-Léger a traversé les âges. Sa propriétaire le restaure et le ramène peu à peu à la vie après 50 ans de silence. Ses machines à broyer le grain commencent à retrouver leur belle allure et leur fonction première : produire de la farine. Le site est grandiose et le travail de restauration réalisé nous montre le chemin à suivre. C’est impressionnant. Au passage, découverte de la centrale électrique aménagée au cours du XXe siècle pour fournir l’éclairage de la commune. Sa turbine en fait rêver plus d’un dans le groupe, ex-Schneider si vous voyez de qui je veux parler !

Nous poursuivons avec une courte halte à l’abbaye du Betton toute proche. Nous n’avons vu de l’extérieur que le long bâtiment de l’ancien couvent, mais le site fait rêver. À l’origine ce fut un prieuré placé sous le vocable de Notre Dame, fondé au XIIe siècle, vers 1132, sous la dépendance de l’Abbaye de Tamié, puis érigé en abbaye entre 1193 et 1225. Gaspard de Montmayeur y fit élever une chapelle dédiée à Saint Jean Baptiste entre le chœur de l’église et la salle capitulaire, chapelle contenant une crypte en forme de sépulcre. En 1571 l’abbaye est envahie par les soldats de Don Amé sous le duc Charles Emmanuel, ce fait inaugurait une série d’incidents. En 1597 Lesdiguières arriva au Betton : ses soldats pénétrèrent avec violence dans l’abbaye, chassant les religieuses et brûlant les archives. Les bâtiments furent saccagés, puis réparés par les religieuses dès 1604. Mais les idées évoluaient, un désir de vie mondaine perçait, et les religieuses construisirent, dit-on, un souterrain passant sous le mur de la clôture, qui leur permettait de sortir en affirmant spécieusement qu’elles ne violaient pas la règle de l’ordre. Ce souterrain ne fut détruit qu’en 1724, sur les ordres de l’abbé de Tamié. Lors de la Révolution , l’abbaye, qui avait vécu 650 ans, fut déclarée bien national et les religieuses expulsées. Les bâtiments furent successivement convertis en asile d’aliénés, puis en filature de soie en 1872. Dans l’église conservée, un aumônier était chargé de « donner ses soins religieux et moraux aux enfants qui travaillaient en grand nombre à la fabrique ». Un vaste dortoir de 200 lits avait été organisé pour les ouvrières, avec un réfectoire où l’on servait quatre repas par jour ; il y avait aussi une salle de récréation pour les jours de pluies et une infirmerie. Puis l’établissement périclita lorsque les mûriers de la vallée furent détruits et remplacés par des arbres à fruits, et les bâtiments furent achetés par une famille de cultivateurs. Ils sont toujours debout, mais les ruines de l’église du XVIIe siècle ne sont plus qu’un ensemble architectural romantique.

Le caveau des Augustins à Saint Pierre d'Albigny

Nous poursuivons notre route vers Saint Pierre d’Albigny, où nous attendaient les responsables de l’association du patrimoine qui nous ont fait découvrir avec passion les sous-sols de la mairie !
C’est là en effet que se trouve un ensemble de très belles salles voûtées incroyablement bien conservées. Elles constituaient, au XIVe siècle, l’église du couvent des Augustins fondé en 1380 par Jean de Miolans. On y trouve les pierres tombales des Seigneurs de Miolans, des Montmayeurs et des Lescheraines, le témoignage de quatre siècles au cours desquels les grandes familles nobles de Savoie lui destinèrent leurs sépultures. Abritant trois « saintes épines de la couronne du Christ », rapportées de Palestine par Jacques 1er de Miolans au XVe siècle, le couvent et son église furent en partie démantelés à la Révolution, ses caveaux reconvertis en caves à vins ou à fromages avant de servir de sous-sol à la mairie.

Déjeuner à la Table d'Auré à Chamousset

La pause déjeuner se fera à la Table d’Auré à Chamousset, une excellente adresse où nous avons passé un moment de grande convivialité avant d’aller visiter l’église du village.

L'église Saint-Maurice à Chamousset

L’église de Chamousset, dont la construction débute en 1716, sera achevée et ouverte au culte en 1751. Cette église, consacrée en 1845, a été classée en 1950 en raison de l’originalité de son plan cruciforme, de forme quadri lobée. Là encore, c’est une passionnée de patrimoine local qui nous fera vivre l’histoire de son église et de son village, devant des auditeurs attentifs et sagement assis sur les bancs l’église.

Montmélian

Nous prenons finalement la route pour Montmélian, dernière étape de la journée, et laissant sur le côté la forteresse de Miolans très touristique et bien connue de tous.
Une charmante guide de l’office du tourisme nous accueille à Miolans pour nous faire voyager dans les rues et dans l’histoire de Montmélian pendant 3 heures. Cette petite bourgade que l’on ne connait généralement que par les panneaux indicateurs croisés sur la route est en fait le lieu de faits historiques passionnant, et cache jalousement quelques bien jolies façades renaissance. Le bienfaiteur de la ville, le Comte Pillet Will n’y est pas étranger.
Le point d’orgue de l’après-midi fut la découverte du panorama grandiose sur les Alpes, du haut de la colline surplombant le village. On repère même le Mont Aiguille au loin.
Sur cette colline, se trouvait le château de Montmélian, un ancien château fort du XIe siècle transformé peu à peu en forteresse. Résidence de certains comtes de Savoie, il fut le siège du bailliage de Savoie et d’une châtellenie. Il fut refortifié au XVIe siècle et démantelé au début du XVIIIe, ne laissant derrière lui que quelques rares vestiges dont une poudrière. Difficile d’imaginer ce que cela était, si ce n’est à travers le diaporama qui nous a montré les différentes phases de son histoire.

Vivement l’année prochaine pour de nouvelles découvertes !

 

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